lien, direct ou indirect, reconnu par les épidémiologistes entre les changements climatiques et l’éclosion et la propagation de la COVID-19. Par ailleurs, on a bien compris avec les pandémies que les virus s’acclimatent et peuvent apparaître et se propager dans des pays chauds comme froids. La chaleur en soit ne tue pas le virus. Le coronavirus est d’ailleurs aujourd’hui présent des Caraïbes à la Russie. Si l’exemple de la grippe vous vient en tête, rappelons-nous que la transmission de la Covid-19 se fait d’individu à individu, et sans insecte intermédiaire. Le cas est différent avec le cas de la grippe, où les moustiques étendent leurs territoires et répandent donc les maladies infectieuses plus largement à cause d’hivers de plus en plus doux, en effet causés par les changements climatiques. Raison pour laquelle le virus est désormais actif sur une période plus étendue.

À l’inverse, la destruction de l’environnement par l’Humain contribue-t-elle à la dissémination du coronavirus ?

C’est avant tout l’hypermobilité humaine qui a favorisé la pandémie du coronavirus. En effet, si les humains se déplaçaient moins, et moins loin, la contagion aurait été plus limitée. C’est d’ailleurs l’objectif du confinement. Il y a aussi la réalité de la déforestation, de l’urbanisation, du minage et de la croissance illimitée qui détruisent tous les habitats desquels nous dépendons

Les émissions de CO2 ont-elles vraiment baissé depuis le début de la crise de la Covid-19 ? Et la pollution de l’air ne s’est-elle pas améliorée ?

Oui, les émissions de CO2, responsables du changement climatique, ont nettement baissé dans les pays touchés en premiers par le coronavirus. Ces baisses spectaculaires sont directement liées à la réduction drastique des activités industrielles fortement dépendantes du charbon et du pétrole, de même qu’à la diminution des déplacements et du trafic aérien mondial (un secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre). Mécaniquement, cela a entraîné une baisse des émissions de CO2. 

La pandémie du coronavirus est donc bénéfique pour le climat ?

Non. Aucunement. D’abord, ces baisses ponctuelles arrivent après une longue période de hausse continue : les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Cette pollution de l’air coûte d’ailleurs la vie à des milliers de personnes annuellement. Ces baisses drastiques sont temporaires. On parle d’ailleurs de “baisses ponctuelles” parce que lorsque la machine de l’économie globale reprendra, le besoin de rattrapage et de sortie de cette crise pourraient nuire à l’atteinte des objectifs climatiques de l’Accord de Paris. Mettre sur la glace ces objectifs et retarder les plans pour les atteindre représenterait une réelle menace à la lutte contre les changements climatiques. D’ailleurs, si les gaz à effet de serre ont baissé dans certains secteurs, celles du milieu résidentiel elles sont à la hausse en raison de l’isolement que requiert la gestion de crise de la Covid-19. Bref, il serait erroné de penser que le coronavirus est bon pour l’environnement. 

Que faut-il espérer alors ? Il faut agir plus qu’espérer. Sans écarter la compassion, le courage et la solidarité dont nous avons grandement besoin en ce moment, il faut aussi faire preuve de vigilance et agir.  Alors que des premiers plans de relance se dessinent déjà, les industries les plus polluantes, à l’instar des secteurs pétro-gaziers et aériens, s’activent déjà pour bénéficier des efforts de relance, au détriment des normes environnementales et sociales, sous prétexte de redémarrage économique.  La crise actuelle est très difficile pour bon nombre d’entre nous et, tout comme les changements climatiques, elle affecte de façon disproportionnée les personnes les plus vulnérables et marginalisées de nos sociétés. Tout le monde attendra donc avec impatience les plans de relance, mais il nous faut rester lucides.  Ne laissons pas le gouvernement renflouer les compagnies pétrolières au détriment des travailleurs·es et de l’environnement. Misons cette fois-ci sur une aide aux travailleurs·es de cette industrie et tou·tes les Canadien·ne en mettant sur pied un programme de relance à faible émission de carbone, un “New Deal Vert”.

Pourquoi est-ce nécessaire d’avoir des politiques de relance vertes ?

Le Lancet et l’Organisation mondiale de la santé soulignent que les changements climatiques auront probablement des conséquences majeures sur la transmission des maladies infectieuses. Tout comme la Covid-19, les changements climatiques sont un multiplicateur d’inégalités qui touche de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées de nos sociétés. En ces temps de crise, il est essentiel que les fonds publics soient affectés au renforcement des systèmes sociaux et écologiques dont nous dépendons. Penser à l’avenir pour prévenir la prochaine crise de santé publique signifie agir maintenant pour remédier aux injustices existantes et aux crises du climat et de la biodiversité. 

Que puis-je faire ?

Fais entendre ta voix pour influencer le type de plans de relance que nous voulons voir se réaliser. Il nous faut sortir du capitalisme fossile et préparer notre prochain système économique en nous inspirant du New Deal Vert. L’annonce du plan de relance est imminente et il est crucial d’envoyer maintenant un message clair à Justin Trudeau. Restons vigilant·es et opposons-nous au renflouement massif de l’industrie des combustibles fossiles. 

Nous devons veiller à ne pas nous laver les mains des crises et des injustices en cours qui menacent déjà la vie, la santé, le bien-être et les moyens de subsistance des gens, comme la crise actuelle, la crise du climat et la crise de la biodiversité.

Green Peace: https://www.greenpeace.org/canada/fr/histoires/30100/la-covid-19-le-climat-et-lenvironnement-les-reponse-a-vos-questions/

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COVID-19-Climat et Environnement: les réponses à vos questions.


publié le 18-04-2020

Y a-t-il un lien entre la pandémie de la Covid-19 et le dérèglement climatique ?

La question est légitime, mais les réponses sont encore trop nébuleuses. À ce jour, il n’y a pas de lien, direct ou indirect, reconnu par les épidémiologistes entre les changements climatiques et l’éclosion et la propagation de la COVID-19. Par ailleurs, on a bien compris avec les pandémies que les virus s’acclimatent et peuvent apparaître et se propager dans des pays chauds comme froids. La chaleur en soit ne tue pas le virus. Le coronavirus est d’ailleurs aujourd’hui présent des Caraïbes à la Russie. Si l’exemple de la grippe vous vient en tête, rappelons-nous que la transmission de la Covid-19 se fait d’individu à individu, et sans insecte intermédiaire. Le cas est différent avec le cas de la grippe, où les moustiques étendent leurs territoires et répandent donc les maladies infectieuses plus largement à cause d’hivers de plus en plus doux, en effet causés par les changements climatiques. Raison pour laquelle le virus est désormais actif sur une période plus étendue.

À l’inverse, la destruction de l’environnement par l’Humain contribue-t-elle à la dissémination du coronavirus ?

C’est avant tout l’hypermobilité humaine qui a favorisé la pandémie du coronavirus. En effet, si les humains se déplaçaient moins, et moins loin, la contagion aurait été plus limitée. C’est d’ailleurs l’objectif du confinement. Il y a aussi la réalité de la déforestation, de l’urbanisation, du minage et de la croissance illimitée qui détruisent tous les habitats desquels nous dépendons

Les émissions de CO2 ont-elles vraiment baissé depuis le début de la crise de la Covid-19 ? Et la pollution de l’air ne s’est-elle pas améliorée ?

Oui, les émissions de CO2, responsables du changement climatique, ont nettement baissé dans les pays touchés en premiers par le coronavirus. Ces baisses spectaculaires sont directement liées à la réduction drastique des activités industrielles fortement dépendantes du charbon et du pétrole, de même qu’à la diminution des déplacements et du trafic aérien mondial (un secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre). Mécaniquement, cela a entraîné une baisse des émissions de CO2. 

La pandémie du coronavirus est donc bénéfique pour le climat ?

Non. Aucunement. D’abord, ces baisses ponctuelles arrivent après une longue période de hausse continue : les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Cette pollution de l’air coûte d’ailleurs la vie à des milliers de personnes annuellement. Ces baisses drastiques sont temporaires. On parle d’ailleurs de “baisses ponctuelles” parce que lorsque la machine de l’économie globale reprendra, le besoin de rattrapage et de sortie de cette crise pourraient nuire à l’atteinte des objectifs climatiques de l’Accord de Paris. Mettre sur la glace ces objectifs et retarder les plans pour les atteindre représenterait une réelle menace à la lutte contre les changements climatiques. D’ailleurs, si les gaz à effet de serre ont baissé dans certains secteurs, celles du milieu résidentiel elles sont à la hausse en raison de l’isolement que requiert la gestion de crise de la Covid-19. Bref, il serait erroné de penser que le coronavirus est bon pour l’environnement. 

Que faut-il espérer alors ? Il faut agir plus qu’espérer. Sans écarter la compassion, le courage et la solidarité dont nous avons grandement besoin en ce moment, il faut aussi faire preuve de vigilance et agir.  Alors que des premiers plans de relance se dessinent déjà, les industries les plus polluantes, à l’instar des secteurs pétro-gaziers et aériens, s’activent déjà pour bénéficier des efforts de relance, au détriment des normes environnementales et sociales, sous prétexte de redémarrage économique.  La crise actuelle est très difficile pour bon nombre d’entre nous et, tout comme les changements climatiques, elle affecte de façon disproportionnée les personnes les plus vulnérables et marginalisées de nos sociétés. Tout le monde attendra donc avec impatience les plans de relance, mais il nous faut rester lucides.  Ne laissons pas le gouvernement renflouer les compagnies pétrolières au détriment des travailleurs·es et de l’environnement. Misons cette fois-ci sur une aide aux travailleurs·es de cette industrie et tou·tes les Canadien·ne en mettant sur pied un programme de relance à faible émission de carbone, un “New Deal Vert”.

Pourquoi est-ce nécessaire d’avoir des politiques de relance vertes ?

Le Lancet et l’Organisation mondiale de la santé soulignent que les changements climatiques auront probablement des conséquences majeures sur la transmission des maladies infectieuses. Tout comme la Covid-19, les changements climatiques sont un multiplicateur d’inégalités qui touche de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées de nos sociétés. En ces temps de crise, il est essentiel que les fonds publics soient affectés au renforcement des systèmes sociaux et écologiques dont nous dépendons. Penser à l’avenir pour prévenir la prochaine crise de santé publique signifie agir maintenant pour remédier aux injustices existantes et aux crises du climat et de la biodiversité. 

Que puis-je faire ?

Fais entendre ta voix pour influencer le type de plans de relance que nous voulons voir se réaliser. Il nous faut sortir du capitalisme fossile et préparer notre prochain système économique en nous inspirant du New Deal Vert. L’annonce du plan de relance est imminente et il est crucial d’envoyer maintenant un message clair à Justin Trudeau. Restons vigilant·es et opposons-nous au renflouement massif de l’industrie des combustibles fossiles. 

Nous devons veiller à ne pas nous laver les mains des crises et des injustices en cours qui menacent déjà la vie, la santé, le bien-être et les moyens de subsistance des gens, comme la crise actuelle, la crise du climat et la crise de la biodiversité.

Green Peace: https://www.greenpeace.org/canada/fr/histoires/30100/la-covid-19-le-climat-et-lenvironnement-les-reponse-a-vos-questions/

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